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Lys Therapeutics : des avancées scientifiques majeures dans le traitement des maladies neurologiques

Publié le 20 juillet 2026

[Dans les coulisses d’EPOPEA – épisode #17] – lire les autres épisodes

Implantée sur le Science Park EPOPEA de Caen la mer, installée au sein de Cyceron, la start-up Lys Thérapeutics œuvre au service de la santé humaine. Elle ambitionne de voir ses recherches aboutir au lancement d’un médicament traitant les maladies neurovasculaires et neurodégénératives.

Le grand public ne connaît pas toujours son nom ni son activité

Une réalité fréquente dans le secteur de la recherche, où le travail s’effectue souvent dans la discrétion et parfois le secret des laboratoires. Start-up française de biotechnologie pionnière dans son domaine, Lys Therapeutics, créée à Caen, développe des traitements de biothérapies innovants destinés aux patients atteints de maladies neurovasculaires ou neurodégénératives, notamment les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et la maladie de Parkinson, des pathologies toutes particulièrement invalidantes.

  • « Tout a commencé il y a plus de dix ans maintenant, ici à Caen, au sein de Cyceron, dans l’équipe du professeur des Universités et praticien hospitalier Denis Vivien. Le projet consistait à élaborer une stratégie permettant de bloquer l’interaction du tPA (une protéine de la famille des protéases à sérine) avec le récepteur NMDA afin d’en caractériser le rôle potentiellement pathologique dans certaines maladies neurologiques. Les chercheurs ont ainsi développé au laboratoire un anticorps monoclonal (glunomab) issu de souris. « Le résultat fonctionne à merveille sur l’animal » explique Fanny Potzeha, manager de projet et responsable de l’équipe caennaise de Lys Therapeutics.

Un tournant décisif pour la technologie brevetée

Brevetée, la technologie avait été mise en attente d’une future collaboration avec un industriel de santé. Quelques années plus tard, la rencontre entre le professeur Denis Vivien et le docteur Manuel Blanc, issu de l’industrie pharmaceutique, change la trajectoire du brevet. Manuel Blanc fonde alors Lys Therapeutics, acquiert la licence exclusive d’exploitation du brevet, adapte la molécule initiale pour la rendre compatible avec une administration chez l’homme (le candidat-médicament humanisé porte désormais le nom LYS241), et relance le projet en vue des premiers essais cliniques.

 

Lys Therapeutics voit officiellement le jour le 8 mars 2021. La start-up entame alors son développement. Comme pour toute entreprise du secteur de la recherche médicale, le temps et les financements, constituent des leviers essentiels pour se développer. Au-delà des premiers fonds privés mobilisés, l’entreprise signe un accord de collaboration de trois ans avec l’Institut du Sang et du Cerveau, dirigé par le Pr. Denis Vivien, pour mener une recherche conjointe sur l’AVC et la neuroinflammation. Un partenariat destiné à accélérer la préparation des essais cliniques de la société.

Des progrès déterminants pour la recherche

La particularité de Lys Therapeutics ? Proposer une approche innovante en ciblant la barrière hémato-encéphalique pour traiter les maladies neurodégénératives et neurovasculaires. Cette barrière de nature anatomique, et physique, protège le cerveau des pathogènes, des toxines et des hormones circulant dans le sang. Elle régule les échanges entre le sang et le compartiment cérébral.

  • « Concrètement, ces travaux consistent à administrer le médicament par voie intraveineuse afin de cibler la barrière hémato-encéphalique, le bouclier protecteur du cerveau, ici fragilisé par la maladie. Le médicament cible le récepteur NMDA, présent sur de nombreuses cellules du corps, et particulièrement abondant sur les neurones et les cellules endothéliales. En situation normale, ce récepteur interagit avec une protéine, le tPA. Dans un contexte pathologique, cette interaction se dérègle et devient néfaste, entraînant une inflammation du cerveau et la dégénérescence neuronale. L’anticorps intervient précisément à ce niveau : il bloque cette interaction et vient protéger le cerveau. Ce traitement pourrait ainsi venir traiter des maladies neurovasculaires, comme l’AVC, ou neurodégénératives, telles que la maladie de Parkinson », poursuit Fanny Potzeha, manager de projet chez Lys Therapeutics et ancienne doctorante du Pr. Denis Vivien.

On parle ici d’immunothérapie ciblée. La molécule LYS241 agit depuis les vaisseaux sanguins pour neutraliser un mécanisme pathologique central.

 

Cet anticorps monoclonal bloque l’interaction toxique entre la protéine tPA et le récepteur NMDA, un point majeur qui conduit à la neuroinflammation et à la dégénérescence neuronale dans de nombreuses pathologies du système nerveux central. LYS241 ouvre la voie à une approche thérapeutique innovante contre les AVC ischémiques et plusieurs maladies neurodégénératives, notamment la maladie de Parkinson.

5 millions de dollars : un financement pour accélérer la recherche

À Caen, les études menées par Lys Therapeutics en collaboration avec les équipes du Pr. Denis Vivien portent principalement sur la recherche contre l’AVC. En parallèle, aux Etats-Unis, les travaux se développent sur la maladie de Parkinson, en partenariat avec une université américaine et grâce à des financements essentiels au projet. Un tournant important survient en septembre 2025 : Lys Therapeutics a reçu une subvention de plus de 5 millions de dollars de la Fondation américaine Michael J. Fox Foundation (MJFF, crée par l’acteur de la saga Retour Vers le Futur lui-même atteint de la maladie). Ce soutien vise à accélérer le développement de LYS241 dans le traitement de la maladie de Parkinson.

  • « Cette aide constitue à la fois une validation scientifique forte de notre approche avec LYS241 et un soutien majeur pour accélérer le développement de notre programme. Ce catalyseur nous permet d’aborder la phase clinique avec confiance, dans l’objectif d’apporter aux patients une véritable innovation thérapeutique », souligne le Manuel Blanc, président et cofondateur de Lys Therapeutics.

Au-delà de la maladie de Parkinson, LYS241 a également montré des effets marqués dans plusieurs modèles précliniques validés, notamment d’atrophie multi-systématisée, d’AVC et de sclérose en plaques. Ces résultats confirment le potentiel multi-indications du candidat-médicament et son impact transformateur prometteur.

 

Parallèlement, la start-up a été distinguée par de nombreux concours d’innovation, de prix nationaux et internationaux, et a bénéficié de financements importants associant des subventions publiques et des investissements privés. Depuis sa création, Lys Therapeutics a ainsi levé près de 25 millions d’euros.

Un ancrage scientifique entre Caen et Lyon

Lys Therapeutics s’implante à Caen et à Lyon, pour mener ses activités de recherche et de développement.  À Caen, l’entreprise est installée au sein de Cyceron, sur le Campus Jules‑Horowitz, à proximité du CHU de Caen, où sont regroupées ses activités de recherche et ses laboratoires.

 

Pour la petite équipe de trois personnes, l’accès à une plateforme technologique de pointe en imagerie biomédicale préclinique et clinique de renommée internationale ainsi qu’à l’expertise du personnel, constitue un atout majeur pour le développement scientifique de la société.

 

À Lyon, Lys Therapeutics dispose de ses bureaux principaux, où sont regroupées les fonctions support et de direction : recherche de financements, gestion de projet et coordination stratégique. Cette implantation bénéficie également de la proximité des industries pharmaceutiques et biotechnologiques de la région.

Un esprit start-up

Malgré la rigueur scientifique qui guide ses travaux, Lys Therapeutics cultive un esprit start-up.

  • « L’entreprise a démarré avec seulement deux personnes. Nous sommes désormais 12, dont trois basés à Caen », résume le Dr. Fanny Potzeha, 31 ans, qui pilote les laboratoires caennais de Lys Therapeutics.

À ses côtés Sylvain Hemery, 24 ans, animé depuis l’enfance par le désir de travailler en laboratoire et Jessy Dorange, 28 ans passionné de sciences et de santé, exercent tous deux comme techniciens R&D.

Deux fois par an, en avril et septembre, les équipes de Caen et Lyon, se réunissent plusieurs jours, en Normandie, et en région Rhône-Alpes-Auvergne.

 

Ces temps de rencontre renforcent la cohésion et permettent de maintenir un esprit collectif.

  • « Une famille professionnelle s’est formée. La confiance mutuelle nous porte et nous fait avancer », souligne Jessy.
  • Sylvain insiste sur l’importance du cadre de travail : «Lenvironnement joue un rôle essentiel. La confiance, la bienveillance et un rythme de travail sain créent des conditions très favorables ».
  • Fanny partage ce sentiment : «Notre unité constitue un moteur puissant. Évoluer dans un tel collectif, sur un projet aussi ambitieux, représente un réel plaisir».

Des essais cliniques attendus

Mobilisées depuis les débuts du projet, les équipes de Lys Therapeutics approchent d’une étape décisive. Après des résultats d’efficacité convaincants obtenus chez l’animal, les études de toxicité, indispensables avant tout essai clinique, devraient s’achever début 2027.

 

Sur la base d’avis scientifiques favorables émis par plusieurs agences nationales du médicament, Lys Therapeutics finalise actuellement son dossier réglementaire en vue du lancement des essais cliniques sur l’homme. Les premières administrations de LYS241 chez l’homme pourraient intervenir fin 2027 ou début 2028. Cette perspective nourrit un fort espoir chez les patients touchés par ces pathologies invalidantes, qui attendent de nouvelles options thérapeutiques.

Des chiffres clés

50 millions de personnes touchées

Près de 50 millions de personnes dans le monde sont atteintes de maladies neurodégénératives, un nombre qui pourrait doubler d’ici 2050. Le vieillissement de la population constitue le principal facteur de cette progression. Des pathologies comme Alzheimer, Parkinson ou la sclérose en plaques touchent un nombre croissant de personnes, en particulier des femmes.

 

10 millions de personnes atteintes de la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson est un trouble neurodégénératif progressif qui concerne plus de 10 millions de personnes dans le monde. Elle se manifeste par des symptômes moteurs (tremblements, lenteur des mouvements, rigidité) et des troubles non moteurs (déclin cognitif, troubles du sommeil, troubles de l’humeur). Malgré les traitements existants, aucune thérapie ne permet aujourd’hui de modifier l’évolution de la maladie.

 

150.000 AVC chaque année en France

Parmi les maladies neurovasculaires, l’Accident vasculaire cérébral (AVC) représente l’une des pathologies les plus fréquentes et les plus lourdes en termes d’impact socio‑économique.

 

Chaque année en France :

  • plus de 150 000 personnes sont victimes d’un AVC,
  • plus de 110 000 personnes sont hospitalisées,
  • environ 30 000  personnes décèdent,
  • près de 500 000 personnes  vivent avec des séquelles invalidantes.

 

L’AVC constitue par ailleurs la première cause de décès chez les femmes.

La fiche d'identité de Lys Thérapeutics

Création : 2021

 

Implantations : Lyon et Caen

 

Nombre de salariés : 12

 

Capitaux : plus de 25 millions d’euros ont été mobilisés depuis la création de la société auprès d’investisseurs privés, d’institutions publiques, de fondations internationales et de dispositifs publics d’excellence.

 

De nouveaux investisseurs stratégiques ont récemment fait leur entrée au capital de la société : Normandie Participation, fonds d’investissement de la Région Normandie, TCD Capital (The Club Deal), fonds d’investissement d’investisseurs privés européens, ainsi que FIDAT Ventures, véhicule d’investissement de la famille Oddo.

Retrouvez les précédents épisodes "DANS LES COULISSES D'EPOPEA"

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