Publié le 20 juillet 2026
[Dans les coulisses d’EPOPEA – épisode #17] – lire les autres épisodes
Une réalité fréquente dans le secteur de la recherche, où le travail s’effectue souvent dans la discrétion et parfois le secret des laboratoires. Start-up française de biotechnologie pionnière dans son domaine, Lys Therapeutics, créée à Caen, développe des traitements de biothérapies innovants destinés aux patients atteints de maladies neurovasculaires ou neurodégénératives, notamment les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et la maladie de Parkinson, des pathologies toutes particulièrement invalidantes.
Brevetée, la technologie avait été mise en attente d’une future collaboration avec un industriel de santé. Quelques années plus tard, la rencontre entre le professeur Denis Vivien et le docteur Manuel Blanc, issu de l’industrie pharmaceutique, change la trajectoire du brevet. Manuel Blanc fonde alors Lys Therapeutics, acquiert la licence exclusive d’exploitation du brevet, adapte la molécule initiale pour la rendre compatible avec une administration chez l’homme (le candidat-médicament humanisé porte désormais le nom LYS241), et relance le projet en vue des premiers essais cliniques.
Lys Therapeutics voit officiellement le jour le 8 mars 2021. La start-up entame alors son développement. Comme pour toute entreprise du secteur de la recherche médicale, le temps et les financements, constituent des leviers essentiels pour se développer. Au-delà des premiers fonds privés mobilisés, l’entreprise signe un accord de collaboration de trois ans avec l’Institut du Sang et du Cerveau, dirigé par le Pr. Denis Vivien, pour mener une recherche conjointe sur l’AVC et la neuroinflammation. Un partenariat destiné à accélérer la préparation des essais cliniques de la société.
La particularité de Lys Therapeutics ? Proposer une approche innovante en ciblant la barrière hémato-encéphalique pour traiter les maladies neurodégénératives et neurovasculaires. Cette barrière de nature anatomique, et physique, protège le cerveau des pathogènes, des toxines et des hormones circulant dans le sang. Elle régule les échanges entre le sang et le compartiment cérébral.
On parle ici d’immunothérapie ciblée. La molécule LYS241 agit depuis les vaisseaux sanguins pour neutraliser un mécanisme pathologique central.
Cet anticorps monoclonal bloque l’interaction toxique entre la protéine tPA et le récepteur NMDA, un point majeur qui conduit à la neuroinflammation et à la dégénérescence neuronale dans de nombreuses pathologies du système nerveux central. LYS241 ouvre la voie à une approche thérapeutique innovante contre les AVC ischémiques et plusieurs maladies neurodégénératives, notamment la maladie de Parkinson.
À Caen, les études menées par Lys Therapeutics en collaboration avec les équipes du Pr. Denis Vivien portent principalement sur la recherche contre l’AVC. En parallèle, aux Etats-Unis, les travaux se développent sur la maladie de Parkinson, en partenariat avec une université américaine et grâce à des financements essentiels au projet. Un tournant important survient en septembre 2025 : Lys Therapeutics a reçu une subvention de plus de 5 millions de dollars de la Fondation américaine Michael J. Fox Foundation (MJFF, crée par l’acteur de la saga Retour Vers le Futur lui-même atteint de la maladie). Ce soutien vise à accélérer le développement de LYS241 dans le traitement de la maladie de Parkinson.
Au-delà de la maladie de Parkinson, LYS241 a également montré des effets marqués dans plusieurs modèles précliniques validés, notamment d’atrophie multi-systématisée, d’AVC et de sclérose en plaques. Ces résultats confirment le potentiel multi-indications du candidat-médicament et son impact transformateur prometteur.
Parallèlement, la start-up a été distinguée par de nombreux concours d’innovation, de prix nationaux et internationaux, et a bénéficié de financements importants associant des subventions publiques et des investissements privés. Depuis sa création, Lys Therapeutics a ainsi levé près de 25 millions d’euros.
Lys Therapeutics s’implante à Caen et à Lyon, pour mener ses activités de recherche et de développement. À Caen, l’entreprise est installée au sein de Cyceron, sur le Campus Jules‑Horowitz, à proximité du CHU de Caen, où sont regroupées ses activités de recherche et ses laboratoires.
Pour la petite équipe de trois personnes, l’accès à une plateforme technologique de pointe en imagerie biomédicale préclinique et clinique de renommée internationale ainsi qu’à l’expertise du personnel, constitue un atout majeur pour le développement scientifique de la société.
À Lyon, Lys Therapeutics dispose de ses bureaux principaux, où sont regroupées les fonctions support et de direction : recherche de financements, gestion de projet et coordination stratégique. Cette implantation bénéficie également de la proximité des industries pharmaceutiques et biotechnologiques de la région.
Malgré la rigueur scientifique qui guide ses travaux, Lys Therapeutics cultive un esprit start-up.
À ses côtés Sylvain Hemery, 24 ans, animé depuis l’enfance par le désir de travailler en laboratoire et Jessy Dorange, 28 ans passionné de sciences et de santé, exercent tous deux comme techniciens R&D.
Deux fois par an, en avril et septembre, les équipes de Caen et Lyon, se réunissent plusieurs jours, en Normandie, et en région Rhône-Alpes-Auvergne.
Ces temps de rencontre renforcent la cohésion et permettent de maintenir un esprit collectif.
Mobilisées depuis les débuts du projet, les équipes de Lys Therapeutics approchent d’une étape décisive. Après des résultats d’efficacité convaincants obtenus chez l’animal, les études de toxicité, indispensables avant tout essai clinique, devraient s’achever début 2027.
Sur la base d’avis scientifiques favorables émis par plusieurs agences nationales du médicament, Lys Therapeutics finalise actuellement son dossier réglementaire en vue du lancement des essais cliniques sur l’homme. Les premières administrations de LYS241 chez l’homme pourraient intervenir fin 2027 ou début 2028. Cette perspective nourrit un fort espoir chez les patients touchés par ces pathologies invalidantes, qui attendent de nouvelles options thérapeutiques.
50 millions de personnes touchées
Près de 50 millions de personnes dans le monde sont atteintes de maladies neurodégénératives, un nombre qui pourrait doubler d’ici 2050. Le vieillissement de la population constitue le principal facteur de cette progression. Des pathologies comme Alzheimer, Parkinson ou la sclérose en plaques touchent un nombre croissant de personnes, en particulier des femmes.
10 millions de personnes atteintes de la maladie de Parkinson
La maladie de Parkinson est un trouble neurodégénératif progressif qui concerne plus de 10 millions de personnes dans le monde. Elle se manifeste par des symptômes moteurs (tremblements, lenteur des mouvements, rigidité) et des troubles non moteurs (déclin cognitif, troubles du sommeil, troubles de l’humeur). Malgré les traitements existants, aucune thérapie ne permet aujourd’hui de modifier l’évolution de la maladie.
150.000 AVC chaque année en France
Parmi les maladies neurovasculaires, l’Accident vasculaire cérébral (AVC) représente l’une des pathologies les plus fréquentes et les plus lourdes en termes d’impact socio‑économique.
Chaque année en France :
L’AVC constitue par ailleurs la première cause de décès chez les femmes.
Création : 2021
Implantations : Lyon et Caen
Nombre de salariés : 12
Capitaux : plus de 25 millions d’euros ont été mobilisés depuis la création de la société auprès d’investisseurs privés, d’institutions publiques, de fondations internationales et de dispositifs publics d’excellence.
De nouveaux investisseurs stratégiques ont récemment fait leur entrée au capital de la société : Normandie Participation, fonds d’investissement de la Région Normandie, TCD Capital (The Club Deal), fonds d’investissement d’investisseurs privés européens, ainsi que FIDAT Ventures, véhicule d’investissement de la famille Oddo.
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