Publié le 6 février 2026
[Dans les coulisses d’EPOPEA – épisode #15] – lire les autres épisodes
C’est un petit boîtier discret qui peut faire beaucoup ! Grâce à lui, dans la santé comme dans l’industrie, les deux domaines sur lesquels l’entreprise normande touwi rayonne, il est possible de prévenir les défaillances grâce à un système simple et efficace de surveillance. La prévention, c’est le mot clé chez touwi, cette jeune société installée à Hérouville Saint-Clair depuis janvier 2025, sur Epopea, le Science Park de Caen la mer. Créée en décembre 2022, la start-up, passée par Normandie Incubation, a vite grandi. Spécialisée dans la prévention par l’analyse du mouvement, qu’il soit humain ou industriel grâce à l’intelligence embarquée dans un capteur, l’entreprise met au point des solutions innovantes.
Avec son slogan « l’intelligence embarquée dans l’action », touwi, fondée par Philippe Fremont, en charge de la stratégie de marché et de la croissance économique, et par l’ingénieur Jérôme Bioret, chargé de la stratégie produit, a commencé à se faire connaître par la boxe. Le capteur équipé d’une IA, placé au poignet du boxeur et détectant le type, la force, la vitesse et le temps de retrait d’un poing, permet d’obtenir des indications précises en temps réel pour effectuer une analyse décisionnelle.
L’aventure est lancée mais va prendre une autre tournure. Cette fois, le capteur va se mettre au service de la santé et de la maintenance préventive.
Vitrine de la start-up, son capteur, appelé V-Hygie, permet d’anticiper et d’empêcher les chutes nocturnes afin de faciliter la prévention dans les établissements de santé concernés par ce fléau.
Le capteur utilisé analyse ainsi le mouvement, le caractérise pour devenir une information précieuse pour l’utilisateur. Industrialisé à Honfleur, à 70 km de Caen et non en Chine comme bien souvent, l’appareil est prêt pour une production plus importante.
Actuellement en essai clinique et auprès de résidents en maisons de retraite médicalisées ou Ehpad, le dispositif, qui devrait réduire de 50 à 60 % les chutes nocturnes, est prêt.
Toujours dans la santé, l’entreprise souhaite élargir son spectre. Au premier étage, derrière son ordinateur, après avoir été formée à l’analyse des données, Marine Leroux, une kinésithérapeute qui a exercé pendant cinq ans dans l’agglomération caennaise, travaille sa thèse Cifre (1), en lien avec le laboratoire COMETE (2) (Université de Caen-Normandie / Inserm).
La prévention est aussi l’axe de développement d’un second marché investi par touwi ; celui de l’industrie. Il s’agit par exemple, d’optimiser la maintenance prédictive des flottes d’ascenseurs. Là encore, des capteurs intégrant une intelligence artificielle, ont été imaginés par la startup.
Etonnamment, ce sont les marchés étrangers qui ont d’abord été séduits par les applications de l’entreprise normande (Allemagne, Autriche, Pays-Bas et plus récemment les Etats-Unis). Et pourtant, le marché français est conséquent : 25 % des ascenseurs ont plus de 40 ans, la moitié plus de 25 ans (3). touwi n’a pas dit son dernier mot.
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(1) Le dispositif des Conventions industrielles de formation par la recherche (Cifre) permet à l’entreprise de bénéficier d’une aide financière pour recruter un jeune doctorant dont les travaux de recherche, encadrés par un laboratoire public de recherche, conduiront à la soutenance d’une thèse.
(2) COMETE est une unité mixte de recherche (UMR-S 1075 Unicaen / Inserm) dont l’objectif est le développement de méthodologies et de technologies pour la santé à travers l’étude des processus neurophysiologiques fondamentaux impliqués dans les mobilités et la cognition.
(3) Chiffres de la Fédération des ascenseurs qui regroupe plus de 180 entreprises.
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