Publié le 9 janvier 2026
[Cet entretien est issu du Magazine Osez Caen Normandie, réalisé en 2025 par la mission Attractivité Caen la mer dans le cadre de l’animation de la marque d’attractivité Caen Normandie. Partez à la rencontre de Pauline de La Provôté et découvrez son parcours, ses passions, ses sources d’inspiration et ses bandes dessinées !]
« J’ai toujours dessiné, d’aussi loin que je m’en souvienne, c’est rapidement devenu « mon truc ».J’ai été très encouragée par mon entourage, mes amis, parfois mes profs… Et avoir des grands parents artistes aide aussi ! Au collège, j’ai commencé à m’intéresser de plus en plus à la BD et à l’illustration. Je passais énormément de temps au CDI pour y lire des bandes dessinées et des magazines spécialisés en BD. J’ai aussi découvert à cette époque le magazine Spirou, qui est venu s’ajouter à ces inspirations… Je m’étais même lancée dans un projet de BD avec une amie qui aimait écrire ! En parallèle, j’ai commencé à partager mes dessins sur Instagram. À l’époque, je dessinais essentiellement dans des gros carnets qui s’entassaient dans ma chambre et dans les marges de mes cahiers. Peu à peu, j’ai amassé une communauté, je me suis liée d’amitié avec des artistes amateurs et débutants comme moi, tout en suivant des artistes pros qui montraient leurs secrets de fabrication ».
« Après le lycée, j’ai décidé de m’orienter vers des études de cinéma d’animation, un milieu étroitement lié à la bande dessinée. Arrivée à ma troisième année d’études, j’ai été contactée par un éditeur via mon compte Instagram, que je continuais d’alimenter régulièrement. Il m’a proposé de travailler sur un scénario qu’il avait reçu et, de fil en aiguille, j’ai signé mon premier contrat avec une maison d’édition durant ma quatrième année. Puis j’ai sorti mon premier album, Trésor, avec JB Saurel au scénario, juste après avoir obtenu mon diplôme ».
« D’une certaine manière, oui. Caen est une ville à taille humaine qui permet aux jeunes une certaine liberté. Je suis heureuse d’avoir pu grandir avec cette ambiance de vie étudiante, les après-midis à la plage ou au parc entre amis, les concerts, les cafés, pouvoir rejoindre spontanément n’importe qui rapidement en ville… Partir à Paris pour mes études m’a permis de vraiment apprécier tout cela, et c’est quelque chose que j’essaie de développer aujourd’hui dans mon travail personnel, une ambiance que j’aimerais retranscrire et partager au travers de mes histoires ».
« Il y a en effet de quoi développer sa curiosité artistique à Caen, que ce soit au travers d’expos (au Musée des beaux-arts, au Mémorial, à la mairie, etc.) ou de salons et festivals pour l’illustration et l’édition, avec notamment le salon du livre de Caen ou encore le festival de BD Des Planches et Des Vaches à Hérouville. Pour aller plus loin dans les arts visuels, il est possible de prendre des cours aux beaux-arts de Caen, à l’atelier Conta où j’ai été inscrite quelques mois afin de préparer les concours d’entrée aux écoles d’animation, ou encore à l’école Brassart pour les études supérieures. Il y a en tout cas une vraie curiosité pour le milieu de l’illustration, que je constate moi-même en échangeant avec de jeunes lecteurs ou étudiants, lorsque je dédicace à Caen ou dans la région ».
« Je lui dirais tout d’abord de se forger une petite communauté artistique, c’est-à-dire de s’entourer d’amis, au collège, au lycée, en cours de dessin ou sur les réseaux, qui partagent une passion pour la création, une curiosité pour l’art sous toutes ses formes. Par exemple, j’ai grandi avec des amis qui aimaient écrire, chanter, composer de la musique, et je pense que c’est le meilleur moyen d’entretenir sa curiosité et son envie de créer.
Ensuite, d’utiliser tout ce qu’il y a à disposition à Caen : pour les musiciens, il est possible d’aller demander à certains magasins de musique s’il est possible de louer un petit studio une heure ; pour les artistes graphiques, il y a les cours dont nous avons parlé plus tôt, parfois des séances de modèle vivant ou des rencontres avec des artistes… il suffit de chercher un peu ! Il faut aussi être prêt à bouger, au moins le temps des études. Pour ma part, j’ai dû aller quelques années à Paris pour poursuivre mes études d’animation, mais une fois qu’on est dans le métier, que ce soit l’animation ou l’illustration, il est possible de travailler de n’importe où, et j’éprouve beaucoup de plaisir aujourd’hui à revenir m’installer à Caen de temps en temps pour finir un projet tranquillement.
Enfin, même si l’on applique tout cela, la seule chose qui fait une différence, peu importe le parcours artistique que l’on choisit, c’est le travail personnel. J’ai rencontré beaucoup d’artistes dans l’illustration, le scénario ou même la musique, qui sont 100 % autodidactes, et qui ont su tracer leur propre voie. »
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Crédit photo : Victoire Margueritte
Crédit illustrations : Pauline de la Provôté
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Cet entretien est extrait du Magazine Osez Caen Normandie : Terre d’Audace.
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